TORA TORAPA

Spirou_et_Fantasio_n23Tora Torapa est la soixante-et-onzième histoire de la série Spirou et Fantasio de Jean-Claude Fournier. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1801 au no 1824.

A Champignac, Spirou, Fantasio, le Comte, Zorglub et Itoh Kata sont en train de tester une balle-émetteur avec un fusil, lorsque Zorglub est enlevé. Spirou lui tire dessus afin de suivre son trajet. Ils découvrent ainsi que ses ravisseurs l’emmènent en Polynésie. Ils s’y rendent et apprennent qu’il est détenu à Tora Torapa, une île réputée maudite.

Sur place, Spirou et ses compagnons découvrent que l’île est à la merci du Triangle, tout comme Zorglub. Ils sont rejoints par une indigène, Ororéa, qui les guide jusqu’à une ancienne base de Zorglub où le Triangle se retranche. Pendant ce temps, Zorglub, croyant que le Triangle veut se racheter, construit pour leur chef Papa Pop un émetteur attire-moustiques ayant une portée de 10 000 kilomètres.

Spirou et son équipe sont capturés par Papa Pop qui révèle sa véritable identité: Zantafio en personne ! Zorglub, l’apercevant, comprend qu’il s’est fait berner et sabote l’émetteur, tout en en collant un en état de marche sous l’avion du bandit, également saboté. Zorglub part ensuite libérer ses amis, peu de temps avant que Zantafio ne lâche ses moustiques gavés au curare. Tentant de fuir à bord de l’avion, Zantafio s’écrase en mer. Les moustiques suivent l’avion et se noient, tandis que Zantafio s’enfuit à bord d’un radeau. Ororéa repart finalement en Europe avec ses compagnons car elle se révèle être journaliste.

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Du glucose pour Noémie

Spirou_et_Fantasio_n21Du glucose pour Noémie

Du glucose pour Noémie est la soixante-septième histoire de la série Spirou et Fantasio de Jean-Claude Fournier. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1682 au no 1710, puis publiée en album en 1971 avec l’histoire courte Un faux départ. Du glucose pour Noémie est la suite de l’histoire Le Champignon nippon.

Spirou et Fantasio réalisent à l’aéroport de Kōtyō que la boîte que leur a confiée Itoh Kata est vide. Ils repartent chercher un indice chez lui et un garde les informe de son départ pour l’Europe. Ils repartent, mais le garde qui est en réalité un membre du Triangle prévient l’organisation, qui s’empare de la boîte peu de temps avant leur décollage, et les criminels s’aperçoivent à leur tour qu’elle est vide. Ils en déduisent à raison que c’est Itoh Kata qui a le champignon et le capturent à son atterrissage.

Ils tentent de le faire sauter dans une locomotive mais Itoh Kata, illusionniste, a emmené le champignon avec lui, donc le Triangle annule l’explosion. Spirou et Fantasio, revenus en Europe, sauvent leur ami à cet instant et l’emmène à Champignac où Kata rencontre le Comte. Ensemble, ils construisent Noémie, une voiture qui fonctionne grâce à l’extraordinaire énergie du champignon.

Ayant ainsi un potentiel explosif immense, Noémie et les champignons sont volés par le Triangle, mais Spirou et Fantasio réussissent à la reprendre. Au même instant, le repère du Triangle explose, car la bombe placée plus tôt dans la locomotive se retrouve par le plus grand des hasards en dessous au moment où ils la font sauter.

Publié pour la première fois dans le journal de Spirou du n°1682 au n°1710.

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Biographie fournier

Jean-Claude Fournier

Le barde graphique

Jean-Claude Fournier est une légende vivante, mais il ne veut pas le savoir. Humblement, discrètement, opiniâtrement, courageusement –le métier de dessinateur de bandes dessinées requiert ces qualités -, il a dessiné au fil de cinq décennies une trajectoire d’artiste populaire, libre et unique. Lui, il dit avoir longtemps dessiné en toute innocence et avoir toujours œuvré en totale inconscience de ses actes artistiques. A tous ces titres, Jean-Claude Fournier est donc une légende vivante.

Fournier raconte que sa carrière n’est qu’une suite de coups de chance. S’il est vrai que la chance se croise, encore faut-il la reconnaître sur le bas-côté de sa route, elle klaxonne rarement. Fournier, lui est allé à sa rencontre. Son nom était André Franquin.

1965, boulevard Saint- Germain à Paris. Jean-Claude a 22 ans, il veut devenir auteur de bandes dessinées. A la Librairie des Jeunes, appartenant aux carolorégiennes éditions Dupuis, Franquin, Tillieux, Morris, Goscinny, Peyo dédicacent. Le jeune étudiant s’offre un Gaston Lagaffe, Franquin remarque sa farde à dessin, l’oblige à l’ouvrir, apprécie ce qu’il y trouve et l’invite à Bruxelles. Paris-Bruxelles, une expédition pour l’époque, mais c’est le début d’une amitié. L’aîné accueille le cadet dans son atelier et lui montre ce qu’il sait, comme Joseph Gillain, vingt ans auparavant, avait fait avec lui. La bande dessinée est un art qui se transmet.

Il faut un courage inouï pour reprendre des mains d’un maître absolu tel que Franquin un personnage aussi populaire que Spirou. Lui, Fournier, il dit : « une inconscience folle ! » En trois albums, Fournier se débarrassera de l’héritage de Franquin, pour trouver sa propre souplesse de trait, sa dynamique narrative, à nulle autre pareille. Son émancipation n’est pas seulement graphique. En 1978, avec L’Ankou, une aventure de Spirou et Fantasio située en Bretagne sur le site d’une centrale nucléaire, Fournier plonge ses jeunes lecteurs au cœur du débat sur l’énergie atomique. Quand le personnage de l’Ankou est brandi au cours d’une manifestation, l’image filmée par la télévision fait grincer des dents les propriétaires du personnages de Spirou. Une certaine distance commence à séparer Rennes de Marcinelle. Deux ans plus tard, alors que ses deux derniers albums apparaissent comme un sommet dans son art de raconter Spirou, Fournier donne sa démission et rend le personnage. Entre 1968 et 1980 il aura signé 9 albums de Spirou, ce n’est pas anodin dans une bibliographie, c’est ainsi que l’on entre dans la légende de la bande dessinée en toute inconscience.

Les années 1980 à 2000 – celles de la parfaite maîtrise de son art graphique – voient le retour de Bizu puis l’arrivée des Crannibales – avec un trait joyeusement écorché – sur scénario de Zidrou. C’est au milieu des années 2000 que Fournier – en toute conscience, mais en toute innocence retrouvée – décide de réinventer son métier de dessinateur de bandes dessinées. Avec Lax au scénario, il se lance dans un drame réaliste himalayen entièrement réalisé à l’aquarelle sur encre de chine,Les Chevaux du vent. C’est le grand retour, inattendu et surprenant, remarquable et remarqué, de Fournier dans l’actualité de la bande dessinée. A l’occasion des septante-cinq ans de Spirou en 2013, un complot est concocté par les éditions Dupuis avec Joub au scénario et Nicoby au dessin. Le plot : un portrait en bandes dessinées d’un auteur de bandes dessinées. Un récit aux frontières de l’enquête, de l’interview, de la biographie, de l’autobiographie, du documentaire. Jean-Claude plonge les yeux fermés, généreux et inconscient. Joub et Nicoby ne trahissent pas cette confiance et signent un livre unique sur la transmission. Drôle, émouvant et riche d’enseignements. Car si Fournier est l’inventeur de la bande dessinée en Bretagne, il ne s’est jamais posé en maître, il est celui qui – dans son atelier de Rennes – a su reproduire la belle idée de l’écolage dans la tradition belge : accueillir les aspirants dessinateurs et les aider à trouver leur propre manière de s’accomplir. C’est un fait historique et géographique. Ainsi, ce que Jean-Claude Fournier a permis, ce n’est pas l’émergence d’une bande dessinée bretonne, mais la possibilité d’une bande dessinée créée en Bretagne. Jean-Claude a prouvé que l’on pouvait rêver de neuvième art en son pays. Ce n’est pas une légende.

José-Louis Bocquet

(José-Louis Bocquet a été l’éditeur du fanzine intitulé Bizu entre 1974 et 1979. En 2006, il intègre la maison Dupuis et devient l’éditeur de Jean-Claude Fournier.)