Jean-Claude Fournier au Festival BD de Chalonnes-sur-Loire

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Jadis étudiant qui se voulait être prof de dessin, il émigra donc à Lutèce pour pratiquer le théâtre car, par trop, sa motivation le titillait à écrire des pièces, faire de la mise en scène, les costumes, les décors, les musiques, les rôles… STOP ! PAS POSSIBLE, Jean-Claude ! Y-a la bande dessinée pour ça.

– Mais bon sang mais c’est bien sûr ! Me faut lire du Franquin, alors.

Alors, il lit.

Dessine.

Lâche par-là ses rêves théâtraux.

Montre ensuite ses premières planches à Franquin, lequel dédicaçait à la librairie Dupuis, aux côtés de Goscinny, Roba, Maurice…

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Jean-Claude Fournier photographiant Spirou (Festival BD Chalonnes-s/Loire, 2014).

 

À la pause (je vous parle-là d’une pratique de la dédicace qui n’existe plus aujourd’hui), à la pause, disé-je, notre ami Jean-Claude et sa compagne se font embarquer par Franquin à boire une coupe de Champagne avec toute la clique d’auteurs, au son d’Adamo, sorte de barde à la voix de chèvre invité pour l’occasion. Ses tous premiers pas chez Spirou, à lire Dans l’atelier de Fournier, impérativement.

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Kodo le tyran

Spirou28kodoKodo le tyran

Kodo le tyran est la 76ème histoire de la série Spirou et Fantasio de Jean-Claude Fournier. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 2088 au no 2109.

Spirou et Fantasio se trouvent en Birmanie et essayent d’entrer dans le petit pays voisin, le Ҫatung, une dictature fermée à l’étranger. Mais personne ne veut les emmener dans ce pays si ce n’est John Madflying, un pilote ivre et sans brevet de pilotage; mais celui-ci accepte après que Fantasio ai bu avec lui quelques verres d’alcool…

Spirou, furieux de l’état d’ébriété de son ami et de John Madflying, les quitte résigné à abandonner ce voyage. Mais John Madflying et Fantasio ont commencé à décoller et Spirou accourt vers l’avion. Le départ n’est pas sans dégâts étant donné l’état de Fantasio et de l’aviateur australien. D’ailleurs, Fantasio saute inconsciemment de l’avion et tombe dans un camion d’un convoi d’armement sans que nul ne le voit. Alors que Spirou l’a forcé à atterrir, le pilote redécolle en laissant tomber les deux journalistes.

Spirou rencontre ensuite la voiture qui ouvre le convoi d’armement dans lequel est Fantasio, de laquelle sortent Matteo et Ptih Pô, étonnés. Ptih Pô commence à ligoter Spirou quand ce dernier annonce son projet d’entrer au Ҫatung mais Spip le mord et Spirou prend par la fuite. Mais il est assommé par une branche d’arbre et ligoté dans un camion, endormi et surveillé. Mais le garde, maladroit, chute du camion au moment du départ. Quant à Fantasio, il se réveille un peu plus tard et sort du camion sans être vu et finit par croiser l’inspecteur général de la mafia, son quasi-sosie, qui gouverne réellement le Ҫatung, dans sa voiture. Celui-ci le somme arme au poing de prendre sa place en échangeant leurs vêtements, car l’inspecteur à l’intention de prendre sa retraite. Fantasio, un moment tenté de quitter la voiture et d’abandonner son projet d’entrer au Ҫatung, change d’avis en rencontrant le garde maladroit qui le prend pour l’inspecteur général et lui raconte qu’il gardait un journaliste rouquin.

Après avoir forcé la frontière du Ҫatung, Fantasio assiste à l’attaque du convoi d’armes, mal protégé, par les rebelles d’Ava Savati. Spirou, réveillé, prend la fuite. Jataka Kodo, le dictateur et Chop Suey, venant à la rencontre de ce qu’ils croient être l’inspecteur général, voient à leur tour leur limousine détruite par les singes des rebelles jouant avec des bazookas.

Fantasio apprend en lisant les papiers de l’ancien inspecteur que le Ҫatung produit de l’opium vendu à la mafia. Il prend un certain plaisir à ridiculiser le maréchal Kodo et lui impose des restrictions de son pouvoir : il refuse de cacher à l’organisation de la mafia et la population l’attaque du convoi, fait abolir la peine de mort au Ҫatung quand il apprend que le caporal Phong Tahor qui a tenté de lui interdire de prendre son appareil photo va être exécuté…

Spirou, lui, se retrouve en compagnie des rebelles d’Ava Savati. Ceux-ci apprennent grâce au pigeon de Prabang, une taupe infiltrée dans le palais, que l’inspecteur général et Kodo ont l’intention d’aller inspecter les entrepôts de Kuor Lang, ils passeront donc sur le pont de Pagor Tevat, que Savati décide de faire sauter. Cependant, Kodo se réunit avec ses lieutenants Chop Suey et Matteo et propose également de faire sauter le pont afin d’éliminer Fantasio, qui limite ses pouvoirs.

Peu de temps après le départ de Savati, Spirou découvre avec horreur l’identité de l’inspecteur général quand Spip lui amène une photo ramassée par la tortue amoureuse de l’écureuil depuis le départ de l’aventure; mais il est trop tard…

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TORA TORAPA

Spirou_et_Fantasio_n23Tora Torapa est la soixante-et-onzième histoire de la série Spirou et Fantasio de Jean-Claude Fournier. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1801 au no 1824.

A Champignac, Spirou, Fantasio, le Comte, Zorglub et Itoh Kata sont en train de tester une balle-émetteur avec un fusil, lorsque Zorglub est enlevé. Spirou lui tire dessus afin de suivre son trajet. Ils découvrent ainsi que ses ravisseurs l’emmènent en Polynésie. Ils s’y rendent et apprennent qu’il est détenu à Tora Torapa, une île réputée maudite.

Sur place, Spirou et ses compagnons découvrent que l’île est à la merci du Triangle, tout comme Zorglub. Ils sont rejoints par une indigène, Ororéa, qui les guide jusqu’à une ancienne base de Zorglub où le Triangle se retranche. Pendant ce temps, Zorglub, croyant que le Triangle veut se racheter, construit pour leur chef Papa Pop un émetteur attire-moustiques ayant une portée de 10 000 kilomètres.

Spirou et son équipe sont capturés par Papa Pop qui révèle sa véritable identité: Zantafio en personne ! Zorglub, l’apercevant, comprend qu’il s’est fait berner et sabote l’émetteur, tout en en collant un en état de marche sous l’avion du bandit, également saboté. Zorglub part ensuite libérer ses amis, peu de temps avant que Zantafio ne lâche ses moustiques gavés au curare. Tentant de fuir à bord de l’avion, Zantafio s’écrase en mer. Les moustiques suivent l’avion et se noient, tandis que Zantafio s’enfuit à bord d’un radeau. Ororéa repart finalement en Europe avec ses compagnons car elle se révèle être journaliste.

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L’Abbaye truquée

L'AbbayeTruqueeGdL’Abbaye truquée

L’Abbaye truquée est la soixante-dixième histoire de la série Spirou et Fantasio de Jean-Claude Fournier. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1743 au no 1766.

Alors qu’ils accueillent Itoh Kata chez eux, Spirou et Fantasio sont incapables d’empêcher son enlèvement par les survivants du Triangle. Partant à leur poursuite, ils aboutissent finalement dans une vieille abbaye située dans un village abandonné. Là, Spip disparaît à son tour.

Pendant ce temps, les ravisseurs de Kata sont incapables de le garder prisonnier très longtemps dans sa cellule, pas plus que Spip, qui rejoint ses maîtres. Lorsque Spirou et Fantasio le retrouvent enfin, il vient d’enfermer tous les hommes du Triangle dans une cellule exceptés leur chef, Charles Atan, et son acolyte Renaldo. Partant à leur recherche, ils empêchent de justesse l’auto-destruction de l’abbaye, et s’aperçoivent que Renaldo s’est pendu par le poignet au plafond. Le plantant là, ils retrouvent Charles Atan et le capturent. Mais Renaldo, qui s’est libéré, sauve son maître et les deux bandits s’enfuient.

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Du glucose pour Noémie

Spirou_et_Fantasio_n21Du glucose pour Noémie

Du glucose pour Noémie est la soixante-septième histoire de la série Spirou et Fantasio de Jean-Claude Fournier. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1682 au no 1710, puis publiée en album en 1971 avec l’histoire courte Un faux départ. Du glucose pour Noémie est la suite de l’histoire Le Champignon nippon.

Spirou et Fantasio réalisent à l’aéroport de Kōtyō que la boîte que leur a confiée Itoh Kata est vide. Ils repartent chercher un indice chez lui et un garde les informe de son départ pour l’Europe. Ils repartent, mais le garde qui est en réalité un membre du Triangle prévient l’organisation, qui s’empare de la boîte peu de temps avant leur décollage, et les criminels s’aperçoivent à leur tour qu’elle est vide. Ils en déduisent à raison que c’est Itoh Kata qui a le champignon et le capturent à son atterrissage.

Ils tentent de le faire sauter dans une locomotive mais Itoh Kata, illusionniste, a emmené le champignon avec lui, donc le Triangle annule l’explosion. Spirou et Fantasio, revenus en Europe, sauvent leur ami à cet instant et l’emmène à Champignac où Kata rencontre le Comte. Ensemble, ils construisent Noémie, une voiture qui fonctionne grâce à l’extraordinaire énergie du champignon.

Ayant ainsi un potentiel explosif immense, Noémie et les champignons sont volés par le Triangle, mais Spirou et Fantasio réussissent à la reprendre. Au même instant, le repère du Triangle explose, car la bombe placée plus tôt dans la locomotive se retrouve par le plus grand des hasards en dessous au moment où ils la font sauter.

Publié pour la première fois dans le journal de Spirou du n°1682 au n°1710.

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Le faiseur d’or

SPIROU & FANTASIO

56225557Le Faiseur d’or

Le Faiseur d’or est la soixante-troisième histoire de la série Spirou et Fantasio. Elle est publiée pour la première fois dans Spirou du no 1624 au no 1646. L’album éponyme contient à la fois cette histoire, mais aussi Le Champignon nippon, première partie de l’histoire qui trouve sa conclusion dans l’album Du glucose pour Noémie.

Le Comte de Champignac, invité à la télévision, annonce qu’il connait l’emplacement du livre de Nicolas Flamel contenant le secret de la fabrication de l’or. Spirou, pressentant les ennuis, se rend le lendemain à Champignac avec Fantasio, Spip et le Marsupilami. Sur place, ils découvrent Zorglub, assommé, qui leur révèle une fois réveillé que des bandits ont enlevé le Comte. Il craint d’avoir reconnu Zantafio parmi les agresseurs.

Spirou et Fantasio retrouvent la trace des bandits et sauvent le Comte, mais trop tard : il leur a déjà révélé par mégarde que Zorglub détenait le livre. Une fois de plus, ils arrivent trop tard à Champignac. Finalement, ils retrouvent Zantafio qui a déjà construit la machine à faire de l’or, mais celle-ci ne semble pas fonctionner. Spirou et Fantasio récupèrent le livre et mettent en fuite Zantafio et ses complices. A la suite d’une maladresse, le Marsupilami met ensuite accidentellement en marche la machine, qui se met à produire de l’or pur…

Cette histoire est la première réalisée par Jean-Claude Fournier, et la dernière à mettre en scène le Marsupilami, dont l’auteur précédent, Franquin, possédait les droits. Franquin, afin de passer le relais à son successeur, l’avait autorisé, pour cette histoire, à utiliser le personnage, qu’il s’était cependant réservé de dessiner dans les cases.

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Biographie fournier

Jean-Claude Fournier

Le barde graphique

Jean-Claude Fournier est une légende vivante, mais il ne veut pas le savoir. Humblement, discrètement, opiniâtrement, courageusement –le métier de dessinateur de bandes dessinées requiert ces qualités -, il a dessiné au fil de cinq décennies une trajectoire d’artiste populaire, libre et unique. Lui, il dit avoir longtemps dessiné en toute innocence et avoir toujours œuvré en totale inconscience de ses actes artistiques. A tous ces titres, Jean-Claude Fournier est donc une légende vivante.

Fournier raconte que sa carrière n’est qu’une suite de coups de chance. S’il est vrai que la chance se croise, encore faut-il la reconnaître sur le bas-côté de sa route, elle klaxonne rarement. Fournier, lui est allé à sa rencontre. Son nom était André Franquin.

1965, boulevard Saint- Germain à Paris. Jean-Claude a 22 ans, il veut devenir auteur de bandes dessinées. A la Librairie des Jeunes, appartenant aux carolorégiennes éditions Dupuis, Franquin, Tillieux, Morris, Goscinny, Peyo dédicacent. Le jeune étudiant s’offre un Gaston Lagaffe, Franquin remarque sa farde à dessin, l’oblige à l’ouvrir, apprécie ce qu’il y trouve et l’invite à Bruxelles. Paris-Bruxelles, une expédition pour l’époque, mais c’est le début d’une amitié. L’aîné accueille le cadet dans son atelier et lui montre ce qu’il sait, comme Joseph Gillain, vingt ans auparavant, avait fait avec lui. La bande dessinée est un art qui se transmet.

Il faut un courage inouï pour reprendre des mains d’un maître absolu tel que Franquin un personnage aussi populaire que Spirou. Lui, Fournier, il dit : « une inconscience folle ! » En trois albums, Fournier se débarrassera de l’héritage de Franquin, pour trouver sa propre souplesse de trait, sa dynamique narrative, à nulle autre pareille. Son émancipation n’est pas seulement graphique. En 1978, avec L’Ankou, une aventure de Spirou et Fantasio située en Bretagne sur le site d’une centrale nucléaire, Fournier plonge ses jeunes lecteurs au cœur du débat sur l’énergie atomique. Quand le personnage de l’Ankou est brandi au cours d’une manifestation, l’image filmée par la télévision fait grincer des dents les propriétaires du personnages de Spirou. Une certaine distance commence à séparer Rennes de Marcinelle. Deux ans plus tard, alors que ses deux derniers albums apparaissent comme un sommet dans son art de raconter Spirou, Fournier donne sa démission et rend le personnage. Entre 1968 et 1980 il aura signé 9 albums de Spirou, ce n’est pas anodin dans une bibliographie, c’est ainsi que l’on entre dans la légende de la bande dessinée en toute inconscience.

Les années 1980 à 2000 – celles de la parfaite maîtrise de son art graphique – voient le retour de Bizu puis l’arrivée des Crannibales – avec un trait joyeusement écorché – sur scénario de Zidrou. C’est au milieu des années 2000 que Fournier – en toute conscience, mais en toute innocence retrouvée – décide de réinventer son métier de dessinateur de bandes dessinées. Avec Lax au scénario, il se lance dans un drame réaliste himalayen entièrement réalisé à l’aquarelle sur encre de chine,Les Chevaux du vent. C’est le grand retour, inattendu et surprenant, remarquable et remarqué, de Fournier dans l’actualité de la bande dessinée. A l’occasion des septante-cinq ans de Spirou en 2013, un complot est concocté par les éditions Dupuis avec Joub au scénario et Nicoby au dessin. Le plot : un portrait en bandes dessinées d’un auteur de bandes dessinées. Un récit aux frontières de l’enquête, de l’interview, de la biographie, de l’autobiographie, du documentaire. Jean-Claude plonge les yeux fermés, généreux et inconscient. Joub et Nicoby ne trahissent pas cette confiance et signent un livre unique sur la transmission. Drôle, émouvant et riche d’enseignements. Car si Fournier est l’inventeur de la bande dessinée en Bretagne, il ne s’est jamais posé en maître, il est celui qui – dans son atelier de Rennes – a su reproduire la belle idée de l’écolage dans la tradition belge : accueillir les aspirants dessinateurs et les aider à trouver leur propre manière de s’accomplir. C’est un fait historique et géographique. Ainsi, ce que Jean-Claude Fournier a permis, ce n’est pas l’émergence d’une bande dessinée bretonne, mais la possibilité d’une bande dessinée créée en Bretagne. Jean-Claude a prouvé que l’on pouvait rêver de neuvième art en son pays. Ce n’est pas une légende.

José-Louis Bocquet

(José-Louis Bocquet a été l’éditeur du fanzine intitulé Bizu entre 1974 et 1979. En 2006, il intègre la maison Dupuis et devient l’éditeur de Jean-Claude Fournier.)